Mois: juin 2014

Rien à voir avec la PMA

Je ne sais pas pourquoi j’ai envie de vous raconter ce qui va suivre, ça n’a rien à voir avec la PMA, mais il faut croire que j’en ai besoin. En plus je ne peux pas le faire sur mon autre blog car beaucoup de gens qui le lisent me connaissent en vrai, et cet épisode de ma vie est trop intime pour le partager avec ces personnes. Je préfère raconter à des gens qui ne savent pas qui je suis (vous!). Mais avec ces mêmes gens (vous encore!), je partage ma PMA, et ça veut dire qu’on est un peu intimes je trouve ;-).

Pour Bounty Caramel, ce 28 juin sera une date importante. Pour moi aussi, le 28 juin est devenu une date importante, depuis ce jour de 2010.

J’étais en mission en territoire hostile va-t-on dire, pour ne pas citer le pays dans lequel je me trouvais. J’ai été prise dans une embuscade avec 8 collègues. L’un d’eux, à deux mètres de moi a été blessé. Je ne sais pas par quel miracle personne d’autre n’a été touché. Moi-même, je ne sais pas comment je ne me suis pas pris une balle dans les fesses avec tout ce qui nous est tombé dessus. On s’est retrouvés à quatre retranchés dans un angle de ruelle. De la main gauche je tentais de soigner mon collègue blessé, de la main droite je tenais mon arme; pendant que les deux autres ripostaient et appelaient du renfort. C’est à ce moment que ma vie a changé à tout jamais.

Dans le livre ‘Effroyables Jardins », le narrateur dit : « Et la peur, elle est seulement venue là, de sentir qu’on aurait aussi bien pu ne plus rien sentir, elle est venue du coup qu’on se sentait vivre! ». Rien que de l’écrire m’émeut énormément, car c’est exactement ce que j’ai ressenti.

J’ai su avec certitude que j’allais mourir ici, sur ce sol. C’était une question de minutes, ça allait être rapide. Ils allaient arriver, nous tirer dessus et on ne pourrait rien faire. Dans les films, il paraît qu’on voit sa vie défiler. Je l’ai vue défiler ma vie, mais je n’ai pas vu le passé, non, c’est mon futur que je n’allais jamais connaître que j’ai vu. Et ça m’a foutu une trouille bleue.

J’ai vu mon chéri au milieu d’un lagon (deux ans plus tard, il se baignait dans le Pacifique). Et j’ai vu deux petits garçons, pas du même âge. C’étaient les enfants que je n’aurais jamais le bonheur de mettre au monde et de voir grandir.

Finalement au bout de minutes interminables, du renfort est arrivé, mais là encore c’était pas gagné. J’ai l’impression que ça a duré des heures.

Je n’ai pas arrêté de pleurer une fois que j’ai été en sécurité (sécurité relative, mais sécurité quand même). On a passé la nuit à flanc de montagne. Un chien errant, et galeux sûrement (mais je m’en moquais) est venu dormir près de moi. Il grognait sur les gens qui m’approchaient de trop près. Ca m’a fait du bien de me sentir un peu protégée (bon, il faut dire que je lui avais donné mon repas, il me devait bien ça le bougre!).

Le surlendemain, je me suis réveillée avec le sentiment qu’on a lorsqu’on vient de perdre un être cher. Pendant un millième de seconde on est bien et puis d’un coup la réalité vous rattrape et vous tombe dessus comme une chape de béton. J’ai tenté d’éloigner, d’ignorer ce sentiment car il n’avait pas de raison d’être; j’étais là, bel et bien vivante, et en bonne santé! Quelques jours après, mon supérieur a quand même demandé à un psychiatre de me recevoir. Je continuais à pleurer mais je ne voulais pas lui parler. Quand il m’a reçue, j’ai à peine eu le temps de fermer la porte derrière moi que je me suis mise à pleurer toutes les larmes de mon corps.

« – Je ne comprends pas, je n’arrête pas de pleurer, et je me sens comme si j’avais perdu un proche.

– C’est tout à fait normal, vous êtes en deuil.

– En deuil, mais de qui? Personne n’est décédé.

– Vous avez perdu une chose importante que chacun porte en soi. L’illusion d’immortalité. »

Punaise il m’a scotché. Il a tellement mis les mots qu’il fallait sur le mal-être que je ressentais depuis plusieurs jours que de là, je n’ai plus pleuré.

J’ai mis à peu près deux ans à me remettre de tout ça. Un documentaire passé à la télé m’a beaucoup aidée (Sans blessures apparentes de la série Infrarouge).

Voilà pourquoi je pense qu’il est important de dire ce qu’on ressent, au risque de choquer certaines personnes (Cf cet article). Car il y a une chose qu’un professeur m’avait dite et dont je suis sûre, c’est que ce qui passe dans la parole ne passe pas dans l’agir.

(Aujourd’hui ça va je vous rassure!)

Merci de m’avoir lue jusqu’au bout.

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Petites miscellanées #1

Juste un petit billet vite fait, parce que je n’ai pas envie d’écrire depuis la stimulation foireuse, mais que j’ai quand même deux trois trucs à dire.

Alors déjà, de la glaire, j’en ai eu à foison, hier, ça n’a duré que 24 heures. C’est déjà ça. Bon point donc.

Ensuite, l’humeur et le caractère pourri dû au Clomid est en train de partir, et ça c’est un hyper bon point parce que mon chéri commençait à en avoir ras la casquette de mes conneries.

Par contre, là, les douleurs dans le bas-ventre, bonjour! La gynéco m’avait prévenue : ça risque de faire mal quand ces 5 follicules géants (appelons-les fodzillas) vont être expulsés. 

Et sinon, une collègue de boulot m’a appelée ce soir (oui je suis toujours en vacances mais plus pour longtemps) pour me prévenir avant tout le monde de sa grossesse. Ca m’a touchée; elle me demande souvent où j’en suis du parcours. Je lui avais dit pour les deux annonces précédentes qui avaient été très dures pour moi. Même si c’est une grossesse plus ou moins accidentelle (oui, c’est ce qu’elle m’a dit, moi je comprends « on n’imaginait pas que ça allait arriver aussi tôt »), j’apprécie sa délicatesse vis-à-vis de ma situation. Du coup, je suis contente pour elle, sans aucun pincement au coeur (peut-être que j’en n’ai plus va savoir?), et contente qu’elle m’ait épargnée.

Allez, sur-ce je m’en vais prendre un blister entier de Spasfon.

Le problème c’est qu’il n’y en a pas + EDIT

game-over

J’avais prévu de faire tout un roman de ma journée, vous raconter plein de trucs, résultat vous n’aurez rien de tout ça.

Je me suis pris une claquasse dans la figure ce soir.

Le problème? C’est qu’il n’y a pas de problème justement. Les dosages hormonaux de ce matin et l’écho de ce soir ont révélé très vite que cette première stimulation (qui sera peut-être la dernière du coup) a trop bien marché. Je suis au taquet pour tout. Et les follicules sont trop nombreux et matures, alors ne risquons rien, pas de déclenchement à l’Ovitrelle d’une part, et surtout pas de rapports pendant une semaine. Super les vacances. Je vais acheter un Scrabble tiens.

Je suis dégoûtée. La gynéco qui fait les échos, pendant que je faisais pipi (oui parce que je croyais qu’il fallait venir la vessie pleine en plus), a commencé à écrire mes renseignements sur un papier de datation. Euh… Hélas non, j’aimerais bien mais là c’est pour surveiller l’ovulation ma p’tite dame. Oh, alors ça va vous porter chance j’imagine, un lapsus pareil… Ouais, bah non on dirait pas.

En plus de ça, pas de glaire! Alors du coup ça remet tout en question, mon dossier va être présenté au staff le 7 juillet, parce qu’il serait maintenant question d’IAC peut-être…

Pffff, j’ai envie de crier (c’est fait), de pleurer (c’est fait aussi), de je ne sais pas quoi. Je suis mal. Oh et puis tiens, je repleure, là.

Pis faut encore que je me tape les effets secondaires du Clomid pendant 5 semaines encore.

Fais chier.


EDIT du lendemain matin : Hier soir entre deux crises de larmes, j’ai fait quelques recherches un peu plus poussées sur le Clomid (sur Morbidissimo -mais non je rigole). Il semble que ce médicament ait un effet négatif sur la glaire, ce qui pourrait expliquer qu’à mon rendez-vous il n’y en avait pas.

Du coup je me demande si la gynéco ne s’est pas carrément plantée en me filant ce traitement, parce que le Hühner était très positif, donc je vois pas pourquoi cette fois il n’y avait pas de glaire. Ceci dit, celle-ci dure très peu de temps chez moi, genre deux jours, alors elle va peut-être arriver aujourd’hui ou demain qui sait?

Non mais y’a un truc que je comprends pas : j’ovule normalement, le Hühner est concluant, les spermato sont pas top mais ça peut le faire. Question : pourquoi me stimuler alors? Non parce que 5 follicules de 20mm, c’est craignos… Je me dis allons-y carrément pour la FIV au lieu de se faire des noeuds au cerveau et aux ovaires! Hier j’étais dégoûtée, aujourd’hui je suis énervée (la faute au Clomid sûrement).

Ce que Clomid m’a fait

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Je ne pensais pas pondre un article avant mon rendez-vous pour l’échographie de vendredi 13, mais il m’a paru intéressant de parler des effets secondaires du Clomid. Je me suis focalisée sur le fait que peut-être j’allais avoir des douleurs pelviennes insupportables, mal aux seins, des boutons plein la face ou je ne sais quoi d’autre.

Déjà, je vous rappelle que la gynéco, ne sachant pas comment mon corps allait réagir, m’a prescrit 5 jours de Clomid à demi-dose, à commencer à J2.

Donc J2 : règles bien sûr, le jour le plus abondant du cycle, mais alors là, pour l’abondance j’ai été servie! Du tampax super maxi en veux-tu en voilà (oui, les gros oranges), à changer tous les trois quarts d’heure (trop pratique au boulot).  Et pour les douleurs de règles aussi : c’est simple, j’avais l’impression d’avoir une enclume suspendue entre les jambes, accrochée à mon dedans.

Ca s’est calmé le lendemain, plus aucune douleur, mais les ragnagnas ont joué une troisième mi-temps, j’ai cru qu’on n’en finirait jamais.

Par contre, et ça c’est ce que je vis le plus difficilement, les bouffées de chaleur sont apparues assez vite. Au début, j’ai cru que c’était à cause de la météo. Quand je me souviens de ma grand-mère à sa ménopause qui me soûlait avec ses vapeurs, j’ai des remords de ne pas l’avoir prise vraiment au sérieux. C’est l’horreur, ça me réveille la nuit, ça dure pas longtemps, mais c’est intense et fréquent!

Bref, on va pas se plaindre pour si peu. En revanche, y’en a un autre qui se plaint, c’est mon chéri. Le syndrome prémenstruel, il connaît. Mais le syndrome prémenstruel puissance 1000, je crois que ça commence à le gonfler et pas qu’un peu (« ça finit quand ton traitement là? »).

Voilà, le Clomid c’est fini pour le moment, je continue avec mes amis Physiogine et Duphaston.

Au fait j’oubliais, est-ce l’huile d’onagre, est-ce la Célestins, mais mes petits problèmes de peau ont totalement disparu depuis.