Mois: janvier 2015

Ce que Provames m’a fait +EDIT

Dans la série pharmacociné-mimi-tique, après l’article sur le clomid (ici), voilà ma vision de ce putain de merveilleux médicament de chiotte de merde qu’est le provames.

Alors déjà, des règles abondantes. Ceci dit, j’ai de la chance pour cette deuxième fois que j’en prends car je n’ai dû perdre qu’un demi-litre (de la gnognote donc).

Ensuite, vive la déprime! Ahhhh, voir la vie en noir, se retenir de pleurer toutes les deux secondes… Un régal!

Ensuite, oh mais que vois-je là? C’est bien pratique dites donc! Eh oui, provames est formidable: comme vous voyez tout en noir, il se charge de vous fournir quelques magnifiques spots. Sur la tronche. C’est bien pratique vous me direz.

Poursuivons notre aventure par les 500 grammes quotidiens. Qui s’ajoutent au chiffre de la veille sur la balance. Mais là au moins et c’est ça qui est fort, tu déprimes encore plus ok, MAIS tu sais pourquoi. Et c’est ça qui est vachement bien.

Et enfin last but not least, si jamais tu réussis pas à faire un gamin, t’inquiète, tu repars pas les mains vides. Un cancer de l’utérus ou du sein comme lot de consolation, ce serait pas génial ça? Moi je dis, provames c’est le kiff.

EDIT:

Suite à une vague déferlante de demandes (en fait y’avait que La Chouette), il me faut ajouter des effets secondaires auxquels j’ai pensé une fois l’article publié….

Donc:

La fatigue, ahhhhh cette fatigue qui était déjà présente avec les autres traitements pour la FIV, je l’avais oubliée! Trop habituée à être déglinguée à 21h. Et à avoir besoin d’au minimum 8 heures de sommeil (minimum j’ai dit).

Et aussi, hum hum, comment dire… Ce qui est bien avec provames, c’est que si avant t’avais besoin d’un peu de lubrifiant pour tes rapports intimes, là tu peux laisser tomber! Onzième commandement : du blanc d’oeuf cru à gogo tu verras et sentiras couler entre tes jambes! Sauf que t’as pas plus envie que ça de sauter sur ton chéri (ben oui t’as trop sommeil). Et pourtant il faudrait en profiter car d’ici quelques jours tu auras droit à l’utrogestan qui mettra un terme à toutes tes folies sexuelles!

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J’ai pris mes gouttes

Je me drogue. Si si, vous avez bien lu, je me drogue, depuis hier.
Vous vous souvenez, l’espèce de dé-provames-prime de mardi? Fini tout ça! Je suis un pur concentré de sérénité. Je reste zen en toutes circonstances: j’avais perdu mes clés de voiture (restées dessus en fait, au parking visiteurs). En temps normal j’aurais pété un câble. Eh bien non, pas du tout. Un concentré de sérénité.
Les urgences qui font rentrer plein de patients dans mon service sans me les muter informatiquement? Je les appelle 20 fois de suite sans l’ombre d’un énervement. Et ça, ça n’aurait jamais existé sans mes gouttes.
Mes gouttes c’est Rescue des Fleurs de Bach. Deux amies m’en avaient parlé. Une en avait pris pour passer un diplôme, l’autre pour le boulot trop stressant. Alors je me suis dit: ok c’est plus cher au litre qu’une bouteille de rhum. Mais ça nuira certainement moins à ma santé! Et ça fera moins con qu’être bourrée au boulot!
Alors voilà, j’ai testé et approuvé. Je soupçonne que ça fonctionne de par la composition de l’élixir, mais aussi pas mal parce que je crois à fond que ça marche. Dommage que ce soit pas le même principe pour les FIV.
En tous cas, ça va beaucoup mieux!

Faut-il que je vous dise…

Que j’ai repris le taf hier et que je suis déjà crevée (je me demande si je ne manque pas de fer : équation thé + ragnagnas très hémorragiques?)
Que j’ai commencé le Provames hier (oui, J1 timide s’est pointé)
Que quand j’ai parlé de mes embryons congelés à une collègue-amie tout à l’heure, j’ai été horrifiée de m’entendre dire que j’en avais 5 au congélo (genre je parle de steaks hachés)
Que je suis du genre tout blanc ou tout noir, je n’ai que peu de nuances hélas, alors pour me protéger d’une nouvelle déception je fais en sorte de n’avoir aucun espoir
Que je ne pense pas au transfert ni même à la décongélation, ni à rien de tout ça, j’essaie seulement de ne pas oublier un des 3 comprimés à avaler chaque jour (6/14/22 – dédicace au corps soignant)
Que je me sens aussi froide que mes embryons et j’ai peur de décongeler (oui dit comme ça, ça a l’air bizarre)
Que j’ai envie de pleurer à chaque instant depuis hier (règles??Provames??)(décongélation en cours?)
Que quand je lis vos bonnes nouvelles j’ai la conviction que ça ne m’arrivera jamais à moi (mais que j’irai malgré tout jusqu’au bout) (et que je suis très contente pour vous)
Que j’ai comme l’impression d’être devenue pessimiste, moi qui au pire ai pu n’être parfois que fataliste
Signé: Mimi qui, on pourrait croire, déprime quelque peu. Nan mais ce doit être hormonal. C’est dans la tête tout ça. Ou alors c’est ce temps pourri.
Bon je vous laisse je vais aller pleurer en cachette. Putain mais noooooon je peux même pas, j’ai pas mis du mascara waterproof ce matin! Bon allez je m’en fous je dirai que j’avais une poussière dans l’œil.

Heureusement que certains restent optimistes

Aujourd’hui, en allant utiliser ma carte cadeau chez notre ami fabricant de meubles suédois, je me suis dit, tiens au lieu d’appeler Dr FIV pour prendre rendez-vous, je vais y passer directement histoire de revoir ces magnifiques locaux qui m’avaient tant manqué. Heureusement, je suis tombée sur la secrétaire gentille (ah oui je vous ai jamais raconté mais y’a une gentille et une vilaine).
« – C’est pour prendre RDV s’il vous plait.
– Pour quand?
– Le plus tôt possible.
– Cet après-midi, il y a un désistement.
– Parfait.
– Le motif s’il vous plait?
– Échec de FIV (serre les dents Mimi, serre fort, n’y pense pas) »
Donc, cet aprèm, j’ai vu Dr FIV, avec mon chéri. Vous avez des questions? Non. Mais si putain j’en ai, mais vas-y parle! Non je vais pleurer je crois. En plus je suis sûre que ça va foutre en rogne Dr FIV et moi j’aime pas contrarier Dr FIV parce que j’aime pas quand il m’engueule. Ça me donnerait encore plus envie de chialer.
Bon, ça n’a pas marché cette fois, mais ça va marcher, c’est sûr. Je n’ai pas plus de chances que ça marche que la fois précédente. Mais ça va marcher hein, faut y croire. Oui docteur, mais j’y ai trop cru la première fois et j’étais persuadée de ne pas vous revoir et j’ai été trèèès déçue, et je suis pourtant là; je ne pars pas négative, mais je ne pars pas positive non plus. Le pire pour moi, c’est que je ne peux rien faire, je ne peux me battre contre rien.
Alors on va ne pas y penser et laisser faire. (Il regarde le compte-rendu de la FIV par le labo). Sur 9 ovocytes fécondables, 6 l’ont été de façon classique (mention très bien avec félicitations du jury pour le chéri qui n’est pas peu fier de ses têtards- virilité au taquet!), et les 6 sont parfaits. 5 au congélo. Il me dit que ça n’arrive quasiment jamais. J’ai l’impression d’être un être exceptionnel parfois. Je suis toujours dans le rare.
Ah bah tiens, je vous ai pas dit, je me suis chopé un zona, oui parfaitement (j’en avais eu un à l’âge de 6 ans au divorce de mes parents). Apparemment je l’ai hyper bien vécu cet échec, non vraiment, aucun problème avec ça. J’aurais dû me douter qu’il allait m’arriver un truc, ça fait toujours ça quand je me force à ranger ce qui me blesse dans mon placard aux illusions.
Bref.
Écho (oh oui ça m’avait manqué!) nickel, est-ce que vous êtes prête, oui je suis prête, alors c’est parti pour le traitement pour le TEC d’ici 2 semaines.

Cernée

Ce soir au boulot, un de mes collègues vient me voir juste avant de partir et me dit sur le ton de la confidence qu’il a un cadeau en préparation pour mi-juillet, genre faut que je devine.
Une maison? Un gâteau (mais alors sacrément balèze le gâteau!)?
Eh ben non raté! Sa femme est enceinte!
– Ahhhh… Cool! (Oui non mais je vais pas le féliciter non plus)
– Ben oui tu sais ça faisait longtemps, on n’y croyait plus! Et ouf ce sont pas des jumeaux!
Et là mon instinct d’infertile (« longtemps », « jumeaux ») me pousse à demander:
– Mais elle est tombée enceinte « naturellement » ou…?
– Oh bah oui naturellement hein!
– Ca faisait combien de temps que vous attendiez?
– Tu te rends compte, ça faisait huit mois! Maudite pilule de troisième génération!
– Ah bah ça va, y’en a qui ont de la chance.
Bien sûr il n’a pas relevé. Il aurait pu capté le semblant de perche, mais trop occupé à penser à son petit bonheur naissant. D’un côté je le comprends. J’aurais pu lui dire que moi ça faisait 2 ans maintenant et que ma première FIV venait de foirer, que j’avais pleuré 4 jours non stop.
Au lieu de ça j’ai souri. Ouh la la huit mois, le drame, tu m’étonnes!
Je suis retournée travailler en y repensant.
Je n’étais pas dégoûtée, ni même jalouse. J’aime bien ce collègue, il est jeune, ça m’a fait plaisir pour lui, sans pour autant me dégoûter de ma situation.
Aurais-je grandi? Ou suis-je blasée?