Mois: février 2015

La psy m’a tuer

Bon alors hier je suis allée chez la psy.
Je m’installe tranquille, pas du tout stressée, pas du tout envie de pleurer, sereine.
Elle me pose des questions sur mon couple, la PMA tout ça. Et mon enfance, elle a été heureuse? Oui, j’ai l’impression. Mes parents ont divorcé quand j’avais six ans, ouiiiiiiiiiiin ouiiiiiiiiiiiiin!!!!!!!
Oui voilà hein, trop facile. Et après dès qu’elle me faisait parler de mon père, rebelote! Des larmes encore et encore…
Donc on va travailler là-dessus, car même si ça ne résout pas le problème d’infertilité, ça me fera digérer ce souci que je traîne comme un boulet depuis bien trop longtemps et avec lequel je pensais que je vivais pas si mal que ça.
Faut croire que non.
Ceci dit, elle a évoqué la possibilité qu’à cause de ça, ce pourrait être pourquoi pas la cause inconsciente de l’infertilité: j’empêcherais mon chéri d’être père. Enfin là on peut trouver toutes les raisons psychologiques à un fait si on cherche bien.
Donc je dirais que ça m’a fait du bien, je la revois la semaine prochaine pour la thérapie par l’EMDR. Paraît que c’est très efficace.
Sinon à midi j’ai failli mourir. Je me suis tanké une arête de poisson dans le gosier, j’ai échappé de peu à la fibroscopie (je suis traumatisée à vie). La psy aurait pu trouver une explication à ça j’en suis sûre, genre me dire que j’ai réussi à sortir un truc resté en travers de la gorge.
Ha ah elle est bien bonne celle -là!

FIV1 TEC2: on prend pas les mêmes mais on recommence

Je n’ai pas eu la force nécessaire pour répondre à vos derniers commentaires. Je m’en veux parce que moi-même j’aime pas trop quand on ne prend pas la peine de me répondre. Mais en parlant de peine, sur le coup celle-ci était trop grande, je n’avais qu’un peu d’énergie pour vous lire, et prendre vos câlins et vos bisous et votre compassion. Vous m’êtes tellement précieux toutes et tous. Sans vous, je sais que je ne pourrais pas supporter tout ça. Vous qui comprenez et savez mieux que quiconque, hélas, trouver les mots qui soulagent. Alors merci, merci du fond du cœur. Après la séquence émotions, des nouvelles bien fraîches:

J’ai eu RDV avec Dr FIV vendredi après-midi (vive le travail de nuit qui libère les journées -mais fatigue d’autant plus que je ne dors pas donc), heureusement car c’était mon J1! Il m’a dit de réfléchir à la possibilité de transférer 2 embryons (pour ceux qui ont décroché en cours de route, il en reste 4 au congélo). Mon chéri est terrifié à cette idée, il se dit qu’avec notre bol les 2 vont s’accrocher. Oui je sais que pour beaucoup des jumeaux c’est le rêve, mais pour nous qui sommes déjà à un âge avancé, c’est pas forcément notre idéal (surtout que rappelons-le, pour ceux qui ont décroché en cours de route -je trouve qu’il y en a beaucoup qui décrochent dites donc, mon chéri ne veut un enfant que parce que moi je le veux). Mais bon, entre 2 ou zéro mon choix est fait.
On change un peu le traitement cette fois: introduction de l’aspegic nourrissons (à la fin des « supernanny »)(ah oui, j’ai décidé de renommer les ragnagnas en « supernanny » car c’est bien connu que c’est elle qui fait les règles)(on se marre bien à la maison).
Ah! Et sinon j’ai fait un bilan sanguin (ça devait me manquer): je suis bel et bien anémiée, du coup tardyferon pendant 2 mois (on n’est plus à un cacheton près).
La prise de provames sera un peu plus longue (ouaiiiiiiiis! Vive la diète! Et les kilos en trop malgré la diète!!!) car Dr FIV prend des vacances et je ne le vois qu’à J18 pour l’écho. C’est encore mieux il paraît pour un TEC. Le transfert se ferait donc la semaine du 9 mars.
Recommencer un traitement tout de suite me stimule, j’ai l’impression que c’est toujours celui du mois dernier et qu’il n’y a pas eu de mauvaise nouvelle mardi. Genre la fille qui ne refoule pas du tout, non non.
D’ailleurs en parlant de ça (z’avez vu comme je suis forte en transitions?!), je vois la psy PMA ce mardi qui vient. Je sais pas trop pourquoi je l’ai appelée, mais au moins on saura si c’est dans la tête ou dans l’utérus.

Retour sur le TEC raté

Bon les gars on va pas se mentir.
Ces dernières 24 heures, je suis passée par cette phase

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puis celle-là

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et encore celle-ci

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Ah puis y’a eu aussi celle-là, avec mes collègues de nuit qui ont pleuré avec moi quelque chose dont elles ignorent tout (elles ne sont pas au courant de la PMA), mais voyant ma détresse, elles ont compati comme je n’aurais jamais cru. C’est-à-dire que tout le monde au boulot est perturbé de me voir comme ça. Donc on a toutes évacué hier soir, histoire d’être capable d’apporter du réconfort à nos patients

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On dirait bien que toutes ces images se ressemblent, je vous l’accorde.
Mais bon, on va pas se laisser abattre. J’ai tellement pleuré qu’aujourd’hui je suis sèche, sèche comme une feuille morte. J’ai même un semblant d’énergie. En tous cas suffisamment pour avoir appelé docteur FIV, demandé s’il était possible d’enchaîner de suite un autre cycle pour un deuxième TEC, il est d’accord. Tout à l’heure je me déplace (tu parles d’une sortie du mercredi, wouhouuu) à la clinique pour prendre rendez-vous de vive voix (je préfère au téléphone).

Purée mais c’est nul, j’avais prévu de vous raconter tout plein de petites choses qui étaient arrivées pendant ces deux semaines d’attente. Résultat, j’ai plus rien envie de dire. Tout me paraît naze, sans intérêt.

Hier, après le coup de brique dans la face (gif souvenir de la FIV-embryon-frais ratée), je réfléchissais à ça:
Je ne vois pas pourquoi je pleure quelque chose que je n’ai pas. Est-ce que je chiale parce que je ne gagne pas au Loto? Non. Parce que je ne roule pas en Maserati? Non. Alors pourquoi je chialerais parce que je n’ai pas d’enfant?
Si je perdais mon chéri-ma mère-mes chats-mon chien (et pas mon chignon comme mon iphone voudrait me le faire croire)(il me soûle celui-là avec ses facéties), oui là y’aurait matière à pleurer.
Si encore je savais que je pouvais être enceinte, mais non pas le moindre indice. Je ne sais pas si je peux porter la vie, putain mais qu’est-ce qui va pas, c’est quoi qui merde? Qu’on me le dise à la fin! Mimi tu pourras jamais avoir d’enfant, c’est comme ça c’est la vie tu n’y peux rien. Au lieu de me faire croire à coup d’hormones magiques, d’utérus merveilleux, de follicules magnifiques, d’embryons parfaits, que peut-être, oui peut-être… J’en ai marre d’espérer, marre de me prendre des « <2 absence de grossesse ». J’en ai marre de me battre contre des moulins à vent, j’ai l’impression de frapper dans le vide. Mais je dois pourtant le faire, parce que j’ai la chance de pouvoir le faire et cette chance, aussi infime soit-elle, je dois la saisir.

C’est usant à la fin. Si encore ça se terminait bien, on en rigolerait de ces piqûres qui font mal, de ces bleus sur les bras, de ces hormones qui rendent le quotidien difficile, de ces sautes d’humeur. Mais quand ça se finit mal, bah tout ça devient encore pire, les bleus sont encore plus bleus, les douleurs sont encore plus fortes, les larmes deviennent sanglots. Et il faut trouver le courage de recommencer, parce que justement, peut-être…

 

FIV1 TEC1: y’a pas de raisons

Il a survécu à la décongélation!
Ça fait toujours bizarre de se dire qu’on a un tout petit embryon logé dans son utérus. Pour moi c’est comme un mini bébé, une mini promesse.
J’ai toujours rien compris à combien d’eau il faut boire pour avoir la vessie à moitié pleine. J’ai bu 50cl une heure et demie avant le transfert. On est parti en avance parce que c’est souvent la merde pour se garer vers la clinique. Hasard y’avait une place pour nous juste devant. Donc on a un peu attendu avant le rendez-vous. Je suis allée 4 fois aux toilettes vider à chaque fois la moitié de ma vessie.
Et lorsque Dr FIV a positionné la sonde d’échographie, j’ai cru me pisser dessus. Oh lui il est ravi, une vessie pleine (parce même en ayant pissé 4 fois elle était remplie), c’est génial pour répercuter les ultrasons.
Donc j’ai rapidement fait le calcul (vous avez constaté que j’ai besoin de tout chiffrer?) : un demi-litre d’eau bue=un litre dans la vessie.
Ce que j’aime c’est qu’il m’explique toujours tout bien lors du transfert. La biologiste est là et vérifie qu’il ne reste rien après dans le cathéter (faudrait pas mettre n’importe quoi à la poubelle -on plaisante pas avec le tri des déchets de nos jours).
Il nous a redit que: « y’a pas de raisons ».

Cliffhanger II est dans la place. Ben qu’il y reste bien parce que d’une ça caille sérieusement dehors et de deux j’ai pas envie qu’on se prenne la tête avec mon chéri au sujet d’un éventuel double transfert la prochaine fois. Mais y’aura pas de prochaine fois hein, d’accord, on va dire ça comme ça, dis?

FIV1 TEC1: veille du transfert parfait

Vendredi était le RDV de contrôle avec Dr FIV. Aucune surprise si je vous dis que j’ai un endomètre de compèt, le triple feuillet, qui fait 11mm à J12, bla-bla-bla, la routine quoi… Oui je sais, j’ai l’air désabusé mais je voudrais savoir où est ma chance là-dedans. C’est comme si je faisais zéro faute au code, que je conduisais sans commettre aucune erreur, et qu’on ne me donnait pas mon permis.

« Tout est parfaitement normal. »

Oh oui je sais, tout est toujours parfaitement normal et tout merde toujours parfaitement bien à chaque fois.

« Y’a pas de raison que ça ne marche pas ».

Ce que ça peut m’énerver. Eh ben que ça marche alors si y’a pas de raison bordel!

Bon, mais j’ai quand même pu caser à Dr FIV que le provames j’en avais ras la casquette, ce à quoi il a répondu « Ne vous inquiétez pas, vous allez prendre l’utrogestan à partir de dimanche matin et dès le soir vous n’aurez plus trop d’effets secondaires car ça va contrebalancer l’estradiol ».
Ah ouais tiens, c’est vrai. Sauf qu’il faut toujours que je fasse gaffe à pas trop manger.

Et si l’embryon ne survit pas à la décongélation, ne me dites pas que j’aurai suivi ce traitement pour rien?
« Non, on décongèlera un autre embryon vu que vous en avez. Mais dans 95% des cas ils résistent. »
LOL j’ai envie de dire, et ils sont où, et ils sont où, et ils sont où les 5% lalalalalala lalalalalalaa.
« Ayez confiance, la biologiste est drastique, elle ne congèle que les meilleurs. 35% seulement des embryons. »

Et moi elle a tout congelé. Parfaitement parfaits ces embryons.

Je suis les traitements tel un robot, j’avale, par le haut, par le bas, sans réfléchir.
Le TEC parfait c’est demain.

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