Retour sur le TEC raté

Bon les gars on va pas se mentir.
Ces dernières 24 heures, je suis passée par cette phase

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puis celle-là

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et encore celle-ci

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Ah puis y’a eu aussi celle-là, avec mes collègues de nuit qui ont pleuré avec moi quelque chose dont elles ignorent tout (elles ne sont pas au courant de la PMA), mais voyant ma détresse, elles ont compati comme je n’aurais jamais cru. C’est-à-dire que tout le monde au boulot est perturbé de me voir comme ça. Donc on a toutes évacué hier soir, histoire d’être capable d’apporter du réconfort à nos patients

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On dirait bien que toutes ces images se ressemblent, je vous l’accorde.
Mais bon, on va pas se laisser abattre. J’ai tellement pleuré qu’aujourd’hui je suis sèche, sèche comme une feuille morte. J’ai même un semblant d’énergie. En tous cas suffisamment pour avoir appelé docteur FIV, demandé s’il était possible d’enchaîner de suite un autre cycle pour un deuxième TEC, il est d’accord. Tout à l’heure je me déplace (tu parles d’une sortie du mercredi, wouhouuu) à la clinique pour prendre rendez-vous de vive voix (je préfère au téléphone).

Purée mais c’est nul, j’avais prévu de vous raconter tout plein de petites choses qui étaient arrivées pendant ces deux semaines d’attente. Résultat, j’ai plus rien envie de dire. Tout me paraît naze, sans intérêt.

Hier, après le coup de brique dans la face (gif souvenir de la FIV-embryon-frais ratée), je réfléchissais à ça:
Je ne vois pas pourquoi je pleure quelque chose que je n’ai pas. Est-ce que je chiale parce que je ne gagne pas au Loto? Non. Parce que je ne roule pas en Maserati? Non. Alors pourquoi je chialerais parce que je n’ai pas d’enfant?
Si je perdais mon chéri-ma mère-mes chats-mon chien (et pas mon chignon comme mon iphone voudrait me le faire croire)(il me soûle celui-là avec ses facéties), oui là y’aurait matière à pleurer.
Si encore je savais que je pouvais être enceinte, mais non pas le moindre indice. Je ne sais pas si je peux porter la vie, putain mais qu’est-ce qui va pas, c’est quoi qui merde? Qu’on me le dise à la fin! Mimi tu pourras jamais avoir d’enfant, c’est comme ça c’est la vie tu n’y peux rien. Au lieu de me faire croire à coup d’hormones magiques, d’utérus merveilleux, de follicules magnifiques, d’embryons parfaits, que peut-être, oui peut-être… J’en ai marre d’espérer, marre de me prendre des « <2 absence de grossesse ». J’en ai marre de me battre contre des moulins à vent, j’ai l’impression de frapper dans le vide. Mais je dois pourtant le faire, parce que j’ai la chance de pouvoir le faire et cette chance, aussi infime soit-elle, je dois la saisir.

C’est usant à la fin. Si encore ça se terminait bien, on en rigolerait de ces piqûres qui font mal, de ces bleus sur les bras, de ces hormones qui rendent le quotidien difficile, de ces sautes d’humeur. Mais quand ça se finit mal, bah tout ça devient encore pire, les bleus sont encore plus bleus, les douleurs sont encore plus fortes, les larmes deviennent sanglots. Et il faut trouver le courage de recommencer, parce que justement, peut-être…

 

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15 commentaires

  1. Les « peut être » rendent dingues mais c’est la que se trouve l’espoir. Il est magnifique ton post… Mais tu sais, j’ai porté la vie (beaucoup) et etre un uterus auto wash n’aide helas pas a sentir mieux (pourquoi on roule pas en Maserati boreal on pourrait se payer des pontes en la vendant!!!). Alors je te fais un gros câlin, parce que les bleus qui sont encore plus bleus, les larmes qui deviennent sanglot, je ne connais que trop et ca le fait mal de te savoir aussi triste… Mais une chose est sûre : tant dans le positif que dans le negatif on ne peut être sûrs de rien à l’avance alors je continue d’y croire tres fort… Plein de bisous….

  2. C’est normal d’être triste et de pleurer, c’est un manque qu’on ressent, un vide qu’on aimerait tant combler. Et même si c’est dur et usant et que t’en as marre, tant qu’il te reste du courage et de la force, oui, saisis la chance et continue la bataille. Parce que, comme tu dis, c’est justement peut-être là que ça marchera.
    Courage et beaucoup de pensées.

  3. Parce que si tu t’arrêtes là, tu sais que tu n’auras rien. Alors tu te remotives, comme à chaque fois, pour avoir le droit d’espérer qu’un jour ça se terminera bien.

     » J’ai tellement pleuré qu’aujourd’hui je suis sèche, sèche comme une feuille morte.  » Comme je te comprends. J’ai tellement pleuré ce WE que pas une larme n’a coulé pendant l’écho du verdict, c’est pour te dire.
    Tu sembles avoir des collègues au top, ça fait plaisir.

    Prends soin de toi. C’est chouette que tu puisses enchainer : ça fait du bien d’essayer d’avancer.
    Je t’embrasse.

  4. Je suis triste de te lire comme ça… mais tes sentiments sont bien normaux. Oui c’est un vide. Et oui ne rien savoir rend dingue…
    Je suis contente qu’au moins les docs ne te fassent pas trop attendre et que tu sois entourée

  5. Tu as vécu des épreuves terribles. Coup sur coup. Et c’est normal de douter. Mais bien sûr qu’on retourne au combat. Parce qu’on est des battantes, parce qu’on veut tout tenter pour se donner les moyens de réaliser notre rêve. Parce que… « justement, peut-être ». Et puis franchement, ce serait ballot de s’arrêter à 1 mètre du bol de sangria, non ? Je t’envoie des pensées positives et j’espère que tu auras un rendez-vous très prochainement.

  6. Tes mots sont si juste, quand ça marche on peut en rire, se dire que finalement c’était pas si dur et même être fiers de ce qu’on a traversé mais quand on se prend des claques on se sent vidée comme une loque qui prend les coups encore et encore jusqu’à ne plus rien sentir… Courage ma belle, on est là, le combat n’est pas terminé et tu vas y retourner à tes échos et tes pds le cœur rempli d’espoir et on sera toujours là !!!!!

  7. Moi aussi je te comprends et je te souhaite d’aller mieux. Je viens de vivre echec 1. Maintenant j’attends pour faire un TEC. Mais je dois attendre au moins jusque mai.
    je me suis posée les mêmes questions que toi : on en aura des gosses ou pas ? elle est où la boule de cristal bordel ????
    et moi aussi, l’echec amène des doutes sur mon désir d’enfant comme :
    -ce serait mieux si je n’avais pas de désir d’enfant. Ce serait plus simple.
    -si ça vient pas, même avec tous nos efforts, c’est que peut être je ne suis pas faite pour ça
    -si je pleure pas trop, que je me force à faire des trucs même quand je suis ultra triste et déçue, peut être que je serai récompensée à la fin
    et parfois je me demande :
    -je suis punie? j’ai fait quelque chose de mal et le destin se venge sur nous ?

    alors je n’ai pas vraiment de solution miracle si ce n’est :
    -se changer les idées, avoir d’autres projets que celui de devenir parent, même si ce sont des projets à très court terme . ça donne au moins l’impression de vivre, et pas seulement d’attendre.
    -en ce qui me concerne, j’ai changé de boulot il ya peu de temps, et même si ce n’est pas le boulot de mes rêves, au moins ça m’occupe l’esprit. Par exemple le jour du résultat je travaillais, j’ai eu une réunion tard le soir et on n’a pu regarder qu’à 20H30. Bon bin au moins la journée est passée vite. Après on est allé au resto et on a bu. On a eu l’alcool triste et on était en colère, mais au moins on s’est endormi vite et après, et bin c’ était un autre jour …

    courage !!

  8. Tu trouves les bons mots pour décrire tout ça… C’est bien que la suite arrive assez vite, j’espère que tu te sentiras vite mieux pour la prochaine tentative. Plein de bisous et de courage ❤

  9. C’est beau ce que tu écris, ce n’est pas le but bien sûr mais tu exprimes toute la tristesse que tu ressens et nous on est là pour y croire encore avec toi. Que tu pleures, que tu désespères et aies peur pour demain, c’est légitime, c’est normal aussi, nous on continue d’être avec toi, et d’y croire pour toi. Courage, demain est un autre jour moins gris

  10. Il est tellement vrai ce post, tellement bien écrit. Comme je te comprends Mimi, comme c’est difficile cette incertitude qui plane sur nos parcours !
    Et oui, ces larmes, cette détresse pour « quelqu’un qui n’existe pas » c’est bizarre. Mais ce manque, ce vide, on le porte au creux de nous, je le vis un peu comme un morceau de moi qui n’est pas encore créé mais qui me manque terriblement.
    Des bisous Mimi, on est là.

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