Mois: novembre 2017

La grande opération, la suite

(C’est une arnaque ce bracelet censé porter chance)

Je pourrais intituler l’article « la grande opération, round 2 » ou « le retour » ou « du grand n’importe quoi »…

Tout allait donc pour le mieux dans le presque meilleur des mondes. Je ne marchais plus voûtée, j’arrivais même à dormir sur le côté. Oui mais non, c’était bien trop simple pour DNLP qui n’en avait pas fini avec moi, PMA ou pas.

10 jours après l’opération, un lundi soir, de violentes et soudaines douleurs abdominales s’invitent juste avant le dîner. Je passe le repas à me tortiller sur la chaise, je vais aux toilettes pensant que c’est peut-être un problème de transit? Non. Je vais me coucher en ingurgitant paracetamol et tramadol. J’arrive à dormir 2 heures et passe le reste de la nuit à souffrir, persuadée que c’est l’appendicite, au vu de la localisation des douleurs. 

Mardi matin, je demande à mon chéri de m’amener à l’hôpital directement sans passer par la case médecin généraliste ou dispensaire. Une heure et demie après, pliée en deux (mais pas de rire), j’annonce aux urgences format télégramme: mal au ventre-hystérectomie-pas eu l’appendicite. J’ai de la chance il reste un box disponible…

Après bandelette urinaire, prise de sang, examen sommaire par l’urgentiste (on ne peut pas me toucher le ventre), ils concluent que ce n’est pas l’appendice qui est en cause et appellent le gynécologue, qui m’emmène faire une échographie. 

Épanchement. De quoi, mystère. Le résultat de la prise de sang ayant montré des globules blancs au taquet, on me met sous antibiotique. Depuis lundi je ne dors plus, les douleurs sont vraiment fortes et me coupent même l’appétit. Mercredi soir, re-écho pour voir l’évolution. Il n’y en a pas. Si ça avait été un épanchement de sang, il aurait disparu et je n’aurais plus mal. Bloc demain? Oh oui allons voir ce qui se passe là-dedans! Ça faisait tellement longtemps!

Je me fais donc réopérer jeudi midi, 2 semaines après l’hystérectomie. Sous coelio également; l’avantage c’est qu’il n’y a qu’a suivre les pointillés pour introduire les trocarts! Ma prise de sang du matin montre des globules blancs qui ont baissé un peu (bien) mais le marqueur inflammatoire lui est à son apogée (pas bien du tout).

Je me réveille une heure après, j’ai mal au nombril et la morphine titrée n’y fera rien. C’est même incompréhensible que la dose maximale ne m’ait pas soulagée du tout. Et j’ai un drain de redon à gauche.

L’après-midi se passe, depuis mon arrivée dans le service je partage la chambre avec Simone qui se paye une salpingite et s’est faite opérer juste avant moi. On souffre toutes les deux mais au moins on n’est pas seules. On dirait des centenaires quand le soir on se lève pour aller faire pipi. On dort assises dans le lit. On marche pliées en deux. Impossible de rire, d’éternuer, de parler fort, de tousser.

Qu’avais-je donc vous demandez-vous ? Un abcès du cul-de-sac sac de Douglas, un début de péritonite, plein d’adhérences du grêle et un point de suture du vagin qui s’était fait la malle (précision: point qui saute = intestins qui se font la malle par la même occasion). Je comprends mieux les douleurs…

Samedi, ma sortie est prévue. L’infirmière vient m’enlever le redon, alors déjà que je stressais parce qu’il me faisait mal, elle n’a rien trouvé de mieux que de me l’enlever en aspiration cette connasse. Pardon d’être vulgaire mais c’est un peu comme si on t’arrachait un boyau. Et puis en deux fois bien sûr vu qu’il était hyper long et adhérent. J’ai pleuré comme une gamine, je crois que je n’ai jamais eu aussi mal de ma vie. Rien que d’en reparler me donne la nausée. Le gynécologue me dit que les prélèvements effectués n’ont rien donné, ouf!

Je suis donc rentrée à la maison, me suis gavée d’antalgiques jour et nuit. Interdiction de faire quoi que ce soit par mon chéri. Zéro effort, rien, pas de voiture, pas de vaisselle, aucune tache ménagère. Seuls endroits autorisés: lit/canapé/chaise pour les repas. Le transit, encore plus compliqué que la fois d’avant, faire pipi est très désagréable voire douloureux, péter équivaut à se prendre des aiguilles dans les intestins.

Une semaine après l’opération, le gynécologue m’appelle pour me dire que finalement des germes ont poussé et qu’il faut changer d’antibiotique, celui que je prenais et venais de terminer ne sert à rien. Et quoi comme germes je vous le donne dans le mille: ceux d’une bonne infection nosocomiale! Eh oui tant qu’à faire, autant y aller à fond! Ma « chance », c’est qu’ils sont endogènes: je me suis auto-contaminée avec ces germes qu’on a tous en nous mais qui ont sauté dans un autre organe lors de l’intervention (la première je suppose).

Changement d’antibiotique donc, pour une semaine. Ça va mieux à l’arrêt du traitement. Je suis sauvée! Oui mais non! Car 4 jours après je reprends mal au ventre. Ma chance, c’est la veille de mon rendez-vous postopératoire. Le lendemain, le chirurgien reçoit mon dossier et conclue que les germes n’ont pas été traités suffisamment longtemps. C’est reparti pour 15 jours d’antibiotiques yihaaaaaa!!!!!

Vis ma vie de poissarde!

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