Et après

La grande opération, la suite

(C’est une arnaque ce bracelet censé porter chance)

Je pourrais intituler l’article « la grande opération, round 2 » ou « le retour » ou « du grand n’importe quoi »…

Tout allait donc pour le mieux dans le presque meilleur des mondes. Je ne marchais plus voûtée, j’arrivais même à dormir sur le côté. Oui mais non, c’était bien trop simple pour DNLP qui n’en avait pas fini avec moi, PMA ou pas.

10 jours après l’opération, un lundi soir, de violentes et soudaines douleurs abdominales s’invitent juste avant le dîner. Je passe le repas à me tortiller sur la chaise, je vais aux toilettes pensant que c’est peut-être un problème de transit? Non. Je vais me coucher en ingurgitant paracetamol et tramadol. J’arrive à dormir 2 heures et passe le reste de la nuit à souffrir, persuadée que c’est l’appendicite, au vu de la localisation des douleurs. 

Mardi matin, je demande à mon chéri de m’amener à l’hôpital directement sans passer par la case médecin généraliste ou dispensaire. Une heure et demie après, pliée en deux (mais pas de rire), j’annonce aux urgences format télégramme: mal au ventre-hystérectomie-pas eu l’appendicite. J’ai de la chance il reste un box disponible…

Après bandelette urinaire, prise de sang, examen sommaire par l’urgentiste (on ne peut pas me toucher le ventre), ils concluent que ce n’est pas l’appendice qui est en cause et appellent le gynécologue, qui m’emmène faire une échographie. 

Épanchement. De quoi, mystère. Le résultat de la prise de sang ayant montré des globules blancs au taquet, on me met sous antibiotique. Depuis lundi je ne dors plus, les douleurs sont vraiment fortes et me coupent même l’appétit. Mercredi soir, re-écho pour voir l’évolution. Il n’y en a pas. Si ça avait été un épanchement de sang, il aurait disparu et je n’aurais plus mal. Bloc demain? Oh oui allons voir ce qui se passe là-dedans! Ça faisait tellement longtemps!

Je me fais donc réopérer jeudi midi, 2 semaines après l’hystérectomie. Sous coelio également; l’avantage c’est qu’il n’y a qu’a suivre les pointillés pour introduire les trocarts! Ma prise de sang du matin montre des globules blancs qui ont baissé un peu (bien) mais le marqueur inflammatoire lui est à son apogée (pas bien du tout).

Je me réveille une heure après, j’ai mal au nombril et la morphine titrée n’y fera rien. C’est même incompréhensible que la dose maximale ne m’ait pas soulagée du tout. Et j’ai un drain de redon à gauche.

L’après-midi se passe, depuis mon arrivée dans le service je partage la chambre avec Simone qui se paye une salpingite et s’est faite opérer juste avant moi. On souffre toutes les deux mais au moins on n’est pas seules. On dirait des centenaires quand le soir on se lève pour aller faire pipi. On dort assises dans le lit. On marche pliées en deux. Impossible de rire, d’éternuer, de parler fort, de tousser.

Qu’avais-je donc vous demandez-vous ? Un abcès du cul-de-sac sac de Douglas, un début de péritonite, plein d’adhérences du grêle et un point de suture du vagin qui s’était fait la malle (précision: point qui saute = intestins qui se font la malle par la même occasion). Je comprends mieux les douleurs…

Samedi, ma sortie est prévue. L’infirmière vient m’enlever le redon, alors déjà que je stressais parce qu’il me faisait mal, elle n’a rien trouvé de mieux que de me l’enlever en aspiration cette connasse. Pardon d’être vulgaire mais c’est un peu comme si on t’arrachait un boyau. Et puis en deux fois bien sûr vu qu’il était hyper long et adhérent. J’ai pleuré comme une gamine, je crois que je n’ai jamais eu aussi mal de ma vie. Rien que d’en reparler me donne la nausée. Le gynécologue me dit que les prélèvements effectués n’ont rien donné, ouf!

Je suis donc rentrée à la maison, me suis gavée d’antalgiques jour et nuit. Interdiction de faire quoi que ce soit par mon chéri. Zéro effort, rien, pas de voiture, pas de vaisselle, aucune tache ménagère. Seuls endroits autorisés: lit/canapé/chaise pour les repas. Le transit, encore plus compliqué que la fois d’avant, faire pipi est très désagréable voire douloureux, péter équivaut à se prendre des aiguilles dans les intestins.

Une semaine après l’opération, le gynécologue m’appelle pour me dire que finalement des germes ont poussé et qu’il faut changer d’antibiotique, celui que je prenais et venais de terminer ne sert à rien. Et quoi comme germes je vous le donne dans le mille: ceux d’une bonne infection nosocomiale! Eh oui tant qu’à faire, autant y aller à fond! Ma « chance », c’est qu’ils sont endogènes: je me suis auto-contaminée avec ces germes qu’on a tous en nous mais qui ont sauté dans un autre organe lors de l’intervention (la première je suppose).

Changement d’antibiotique donc, pour une semaine. Ça va mieux à l’arrêt du traitement. Je suis sauvée! Oui mais non! Car 4 jours après je reprends mal au ventre. Ma chance, c’est la veille de mon rendez-vous postopératoire. Le lendemain, le chirurgien reçoit mon dossier et conclue que les germes n’ont pas été traités suffisamment longtemps. C’est reparti pour 15 jours d’antibiotiques yihaaaaaa!!!!!

Vis ma vie de poissarde!

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La grande opération 

Je vous raconte aujourd’hui mon hystérectomie totale conservatrice (ablation de l’utérus, col et trompes) par cœlioscopie, au cas où des personnes se demanderaient comment ça se passe en gros.

Je suis entrée à la clinique le jeudi matin à 8h30 pour une opération une heure après. Une fois les vérifications administratives effectuées, on m’a installée dans ma chambre et j’ai pu revêtir l’habit de lumière (la schtroumpfette quoi) et les bas de contention, également avaler des médicaments avec une gorgée d’eau (antidouleurs et anti-inflammatoires). Une demie-heure après c’était parti pour le bloc. En salle de pré-anesthésie (qui faisait aussi salle de réveil), on m’a perfusée et administré les antibiotiques nécessaires.

Puis on m’a emmenée au bloc, installée et mis le masque sur le nez. Le temps pour m’endormir m’a paru très long (pour la ponction d’ovocytes j’avais juste eu le temps de m’apercevoir que la tête me tournait comme après avoir trop picolé), j’ai bien senti la chaleur se diffuser dans tout le corps.

Ensuite j’ai ouvert les yeux puisque l’infirmier de la salle de réveil m’appelait. Mais dur dur! Vous avez mal? Ouiiiiiii j’ai maaaaaal! Allez hop une petite dose de morphine et retour en chambre, vers 13h30 je crois. J’avais une sonde urinaire et une mèche vaginale (un genre de tampax géant). J’ai dormi tout l’après-midi, réveillée quelques secondes toutes les heures pour la surveillant de la tension, mais aucune douleur.

L’anesthésiste m’a rendu visite (et m’a avoué qu’il avait chargé les produits- ça ne m’a pas gênée j’avais du sommeil en retard), puis le chirurgien pour me dire que ça s’était bien passé (et au passage remonter les bretelles de l’infirmière qui n’avait pas vérifié la diurèse ni la couleur des urines). Bon, je suis moi-même infirmière (un peu plus expérimentée j’imagine) alors je m’étais déjà autosurveillée.

Le soir même j’ai eu droit à un bouillon. L’infirmière de nuit voulait que je me lève mais je ne me sentais pas du tout à 22h. Mais vous ne vous êtes pas levée pour aller faire pipi depuis votre retour de bloc?? J’ai voulu faire des tourniquets avec la sonde mais je me suis dit que c’était risqué (j’ai quand même des doutes sur la qualité des transmissions).

Le lendemain matin je me suis levée pour faire ma toilette. Et là paf, d’un coup le CO2 de la coelio est remonté dans le thorax et les épaules, ça fait un mal de chien! Je suis vite retournée dans le lit et c’est passé. L’infirmière est venue pour retirer la sonde urinaire et la mèche. La mèche, comment dire, on se sent soulagée quand elle n’est plus là (ça prenait beaucoup de place). La journée est passée sans douleur mis à part en fin d’après-midi où le transit a recommencé (les gaz qui se déplacent dans les intestins font mal).

Le lendemain matin je suis sortie. Je marchais pliée à 45 degrés et à la vitesse d’une mamie. Le CO2 m’a refait mal le soir puis plus rien. Bref tout allait pour le mieux, le dimanche matin j’ai fait 300 kilomètres pour rentrer chez moi. Je me suis reposée toute la semaine et ai pu à nouveau dormir sur le côté. Quelques pertes rosées normales (le vagin était donc suturé en lieu et place du col). Pas d’antalgiques. Mais dur dur la reprise du transit (vive les pruneaux et le café!)

Sauf que voilà, c’était trop simple, trop facile tout ça. La suite au prochain épisode.

La fin

Oh oui je sais, encore un énième dernier article, ça doit bien être le troisième, je ne sais pas je n’ai pas regardé.

Mais là c’est le final pour de vrai.

J’ai repris du clomid, pour voir, on ne sait jamais, sur un malentendu… À part avoir carrément cru que j’avais l’appendicite à cause de douleurs particulièrement horribles (que je n’avais pas eu la première fois) lors de l’ovulation (pas surveillée et certainement multiple), ça n’a évidemment pas marché. Pour dire à quel point j’avais mal, je ne pouvais plus faire de poney. Sinon je n’ai pas eu d’effets indésirables mis à part les bouffées de chaleur.

J’ai également été obligée de refaire une cure de fer car mon hémoglobine fond comme neige au soleil avec ces p***** de règles méga abondantes (quasi un litre par mois). Et les douleurs abdominales deviennent difficiles à vivre. Je ne peux même pas utiliser la cup, pourtant si pratique, vu qu’elle se remplit en une demie heure (si si, un vrai robinet).

Mon travail m’empêchant parfois d’aller aux toilettes pendant plusieurs heures, il ne me restait plus qu’une solution. Reprendre la pilule. Mais oui.

Décision ô combien difficile et douloureuse, de ne pas avoir d’enfant alors qu’à la base je le subis… mais que faire d’autre? 

Bref j’ai choisi entre la peste et le choléra (ou les bras en coton et les jambes en mousse si tu es née après 1990).

Il y a des fois comme ça 

Ce matin j’ai pleuré comme une madeleine dans ma voiture. Retour en arrière.

Je sors de la chambre d’un patient.

Croise une bonne partie de sa famille en train de préparer le repas sous le faré.

Je dis à ce soir, souhaite une bonne journée à tout le monde.

Et les filles me souhaitent une bonne fête des mamans.

Merci les filles, à vous aussi.

Je suis montée dans ma voiture, et puis d’un coup je n’ai plus vu la route, juste des images floues. Et les larmes qui étaient les seules à pouvoir rouler.

Souvent c’est vivable. Parfois c’est vraiment dur.

A la boulangerie je prends mon pain (scoop!) et la vendeuse me dit que je peux prendre une rose si je veux. Oh merci mais je vais la laisser à une maman. Ça n’aurait pas été légitime de la prendre.

Il y a des fois comme ça où je n’aimerais pas être à ma place.

Alors je rentre chez moi et l’homme me sourit et me prend dans ses bras. Et j’aime ma place à nouveau.