grossesse

Cernée

Ce soir au boulot, un de mes collègues vient me voir juste avant de partir et me dit sur le ton de la confidence qu’il a un cadeau en préparation pour mi-juillet, genre faut que je devine.
Une maison? Un gâteau (mais alors sacrément balèze le gâteau!)?
Eh ben non raté! Sa femme est enceinte!
– Ahhhh… Cool! (Oui non mais je vais pas le féliciter non plus)
– Ben oui tu sais ça faisait longtemps, on n’y croyait plus! Et ouf ce sont pas des jumeaux!
Et là mon instinct d’infertile (« longtemps », « jumeaux ») me pousse à demander:
– Mais elle est tombée enceinte « naturellement » ou…?
– Oh bah oui naturellement hein!
– Ca faisait combien de temps que vous attendiez?
– Tu te rends compte, ça faisait huit mois! Maudite pilule de troisième génération!
– Ah bah ça va, y’en a qui ont de la chance.
Bien sûr il n’a pas relevé. Il aurait pu capté le semblant de perche, mais trop occupé à penser à son petit bonheur naissant. D’un côté je le comprends. J’aurais pu lui dire que moi ça faisait 2 ans maintenant et que ma première FIV venait de foirer, que j’avais pleuré 4 jours non stop.
Au lieu de ça j’ai souri. Ouh la la huit mois, le drame, tu m’étonnes!
Je suis retournée travailler en y repensant.
Je n’étais pas dégoûtée, ni même jalouse. J’aime bien ce collègue, il est jeune, ça m’a fait plaisir pour lui, sans pour autant me dégoûter de ma situation.
Aurais-je grandi? Ou suis-je blasée?

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Ça fait rien que la cinquième après tout

Aujourd’hui ça allait. J’étais même plutôt en forme.
Jusqu’à 17h48.
Heure à laquelle je vois mon chéri en train de se photographier en souriant et en pointant le pouce vers le haut.
Heure à laquelle je lui demande ce qu’il fait.
Heure à laquelle il me dit qu’il répond à sa nièce.
Heure à laquelle je lui demande si sa nièce veut une photo de lui.
Heure à laquelle il me répond non et tourne son téléphone vers moi.
Heure à laquelle son écran affiche une échographie de fœtus.
Heure à laquelle j’ai envie de :
1- tuer mon chéri
2- tuer sa nièce
3- tuer DNLP
4- pleurer toutes les larmes de mon corps.
Imbécile de chéri qui est content pour sa nièce et ne prend aucun gant pour m’annoncer la nouvelle de sa grossesse.
Alors déjà que c’est pas une personne que j’apprécie beaucoup, là c’est le coup fatal.

# Défi GIF

Mon parcours n’en est qu’à ses débuts, mais il y a déjà de quoi dire…

 

Quand j’ai réalisé qu’un bébé couette serait impossible à avoir:

1 couette

Quand on m’a prescrit une hystérosalpingographie:

2 hystero

 

Quand j’ai dit à mon chéri qu’il devait faire un spermogramme:

3 spermo

Quand vu les résultats je lui ai dit qu’il devait faire une échographie:

4 echo

 

Et refaire un spermogramme:

collegue

Quand j’apprends la grossesse de collègue 1:

6 grossesse

Quand j’apprends la grossesse de collègue 2:

5 grossesse (3)

Quand j’ai 5 beaux follicules grâce au Clomid et que le poney est déconseillé:

8 clomid

 

Quand mon chéri croit que c’est possible de faire du poney alors que je suis sous Utrogestan:

utro

 

Quand mes ragnagnas arrivent après la stimulation avec Gonal:

7 c1

 

Quand j’apprends la grossesse de collègue 3:

9 grossesse (2)

Quand il m’arrive encore de croire qu’une grossesse naturelle est possible:

9 bis stim gonal

Quand je jongle avec les rendez-vous et mon planning:

12 j11 boulot

Quand mon chéri achète du PQ vert (du PQ vert, non mais allô quoi!):

13pq

Quand Dr FIV me laisse entendre que j’ai un problème:

14 rdv five

Quand Dr FIV laisse entendre à mon chéri qu’il n’a aucun problème:

16 spermo fiv

 

Quand j’apprends la grossesse de collègue 4:

11 j1

Quand ma deuxième stimulation avec Gonal vient de se terminer:

17 stim gànal

 

Quand je lis vos réponses à mon dernier post:

reponses fiv

 

 

Enfin et SURTOUT, quand on me dit de ne pas y penser parce que c’est dans la tête:

pas penser

Et merci pour toutes vos réponses à mes questions sur la FIV!

 

Encore une!

Punaise mais c’est pas possible quand même!

Vous vous souvenez comment ma collègue enceinte avait disparu de mon entourage professionnel grâce à son congé maladie?

J’étais enfin tranquille. Enfin, ça c’était avant, avant ce soir, heure de ma relève.

« – Salut ça va?

– Ouais ça va, j’ai un pamplemousse dans le ventre.

– Hein? Comment ça, t’as mangé qu’un pamplemousse avant de venir?

– Noooon, je suis enceinte! »

Vous connaissiez cette expression vous? La honte, j’avais jamais entendu ça auparavant.

Pfffff, elle m’annonce ça comme ça, je sais qu’elle n’est pas du genre à vouloir faire du mal, pourtant elle fait partie des rares collègues à qui j’ai raconté mes problèmes de fertilité… Pis je ne m’y attendais pas du tout à celle-là!

Après elle m’a dit qu’elle avait vu une émission sur la procréation cet après-midi, elle m’en a parlé deux secondes puis m’a demandé où j’en étais moi. C’est gentil de m’avoir demandé mais PUTAIN, PUTAIN espèce de DNLP de merde, c’est quand mon tour à moi???

Désolée pour cette vulgarité mais je l’aurais en face de moi je lui casserais les dents à cette conne (DNLP, pas ma collègue, oh!)

On échange?

Tout d’abord, j’ai bien réfléchi, et j’en suis venue à penser que le mieux était de prévenir ma chef de mon avenir proche en PMA. Ce ne serait pas loyal d’essayer de lui cacher, en plus elle voit tout, si si!

Et puis, qu’elle le sache ou non, ça se fera, donc autant lui dire.

Voilà pour ça.

Et sinon, j’ai lu un livre que j’appréhendais de lire parce que je me disais « Ouh la la, est-ce que j’ai vraiment envie de savoir tout ce qui m’attend? », eh bien en fait j’ai bien rigolé car même s’il parle d’un sujet pas drôle du tout, il est écrit sur un ton décalé. Et on passe un bon moment. Je l’ai lu d’une traite (et demie).

Image

Voilà pour ça (bis).

Ce soir, après les transmissions au boulot, ma collègue enceinte nous a fait un petit craquage, des larmes dans la voix et les yeux genre « Je suis crevée, tout est plus dur, je fais plus rien à la maison et puis j’arrête pas de vomir… ». Moui. Soit.

Ben moi j’aimerais bien être enceinte du « premier coup » et avoir tous tes problèmes de grossesse. Donne, je prends (avec les BHCG qui vont bien). Et puis toi tu prends toutes mes angoisses, mes examens, mes contraintes de PMA. Pour un résultat qui ne sera peut-être jamais positif.

Viens, on échange, là, de suite.

 

Celle pour qui ça marche du premier coup

Je voulais écrire hier mais j’étais en pleine déprime, oui, carrément, la dépression totale qui te fait couler ton mascara à tous les coins de couloirs!

Parce que voilà ce qu’il s’est passé en début d’après-midi. J’étais au boulot avec toutes mes collègues, prête à commencer la réunion trimestrielle pour le prévisionnel des plannings.

Et voilà qu’une collègue arrive un peu en retard et lance:

« – Bonjour, alors pour les plannings je dois vous annoncer tout de suite…

– Tes enceinte?

– Bah ouais, je suis enceinte! (NDLR : du troisième)

– Ca fait combien de temps que tu essayais?

– Oh bah ça a marché du premier coup! »

Oh le coup de massue, j’étais encore perturbée de ma journée de la veille, et voilà tiens, prends ça en pleine face!

Depuis que je souhaite un enfant, je n’ai jamais été jalouse des femmes enceintes. En lisant les divers blogs auxquels je suis abonnée, j’avais bien compris que pour certaines c’était une souffrance sans commune mesure d’apprendre une grossesse dans leur entourage. Moi je ne l’avais jamais ressentie. Jusqu’à cet instant. Merci DNLP d’offrir à ma collègue une grossesse du premier coup. Je ne sais plus qui de vous a dit  » c’est comme si tu crevais de faim et que cette personne mangeait devant toi ». Eh bien c’est une excellente métaphore.

Le boulot, c’est le seul endroit où je peux ne pas penser à tous ces tracas d’infertilité. C’est fini je suis cernée. Merci la vie.

Bon, là on dirait que je déprime encore mais aujourd’hui ça va mieux quand même. Je me dis que finalement je suis pas tant à plaindre que ça. Une patiente de 31 ans est en train de mourir d’un cancer et va laisser des enfants qui ne savent pas encore marcher. Une collègue/copine qui espérait pour sa dernière FIV a été ponctionnée et il y a eu zéro fécondation. Y’a pire, toujours.