hystérectomie

La vie après

Deux mois après la première intervention et après examen interne, le chirurgien m’a autorisée à vivre normalement.

J’appréhendais la reprise des rapports, et finalement tout s’est bien passé. Et même très bien si vous voyez ce que je veux dire…

Je m’étais documentée et avais lu que les études ont montré qu’un tiers des femmes ayant eu une hystérectomie ont les mêmes sensations qu’avant, un tiers pour qui c’est moins bien et un tiers pour qui c’est mieux. Et qui c’est qui pour une fois est du bon côté des statistiques?? C’est bibi!!!

Dire que je ne m’étais jamais posée la question des douleurs pendant les rapports, depuis toujours. Je pensais que c’était normal. Ne plus les ressentir du tout du tout, c’est génial et inattendu.

L’autre truc sympa, c’est que je peux me permettre d’être chiante quand je veux: j’invoque le syndrome prémenstruel qui est invérifiable et hop ça passe comme une lettre à la poste!

Une copine a amené son bébé de 6 mois à la maison. Je l’ai tenu dans les bras pendant une demie heure et ça ne m’a rien fait, pas de pincement au cœur, pas de regret ni de remords d’ailleurs. Juste le plaisir de partager un moment rigolo avec ce petit être.

Je ne vous dis pas que tout est rose et que je vis entourée de licornes et de bisounours. Je suis heureuse mais pas complètement et je ne sais pas si je serai à nouveau comblée, un jour, comme lorsque j’étais heureuse avant de savoir que je n’aurais jamais d’enfant. Comme lorsque tout était encore possible. J’ai l’impression que ça n’arrivera plus et c’est ça qui me rend triste parfois.

J’ai retrouvé des choses que j’avais écrites avant, quand j’étais plutôt désespérée, bien que je ne les éprouve plus, j’aimerais les partager avec vous dans un prochain article, puisqu’elles ont fait partie de mon histoire.

La grande opération 

Je vous raconte aujourd’hui mon hystérectomie totale conservatrice (ablation de l’utérus, col et trompes) par cœlioscopie, au cas où des personnes se demanderaient comment ça se passe en gros.

Je suis entrée à la clinique le jeudi matin à 8h30 pour une opération une heure après. Une fois les vérifications administratives effectuées, on m’a installée dans ma chambre et j’ai pu revêtir l’habit de lumière (la schtroumpfette quoi) et les bas de contention, également avaler des médicaments avec une gorgée d’eau (antidouleurs et anti-inflammatoires). Une demie-heure après c’était parti pour le bloc. En salle de pré-anesthésie (qui faisait aussi salle de réveil), on m’a perfusée et administré les antibiotiques nécessaires.

Puis on m’a emmenée au bloc, installée et mis le masque sur le nez. Le temps pour m’endormir m’a paru très long (pour la ponction d’ovocytes j’avais juste eu le temps de m’apercevoir que la tête me tournait comme après avoir trop picolé), j’ai bien senti la chaleur se diffuser dans tout le corps.

Ensuite j’ai ouvert les yeux puisque l’infirmier de la salle de réveil m’appelait. Mais dur dur! Vous avez mal? Ouiiiiiii j’ai maaaaaal! Allez hop une petite dose de morphine et retour en chambre, vers 13h30 je crois. J’avais une sonde urinaire et une mèche vaginale (un genre de tampax géant). J’ai dormi tout l’après-midi, réveillée quelques secondes toutes les heures pour la surveillant de la tension, mais aucune douleur.

L’anesthésiste m’a rendu visite (et m’a avoué qu’il avait chargé les produits- ça ne m’a pas gênée j’avais du sommeil en retard), puis le chirurgien pour me dire que ça s’était bien passé (et au passage remonter les bretelles de l’infirmière qui n’avait pas vérifié la diurèse ni la couleur des urines). Bon, je suis moi-même infirmière (un peu plus expérimentée j’imagine) alors je m’étais déjà autosurveillée.

Le soir même j’ai eu droit à un bouillon. L’infirmière de nuit voulait que je me lève mais je ne me sentais pas du tout à 22h. Mais vous ne vous êtes pas levée pour aller faire pipi depuis votre retour de bloc?? J’ai voulu faire des tourniquets avec la sonde mais je me suis dit que c’était risqué (j’ai quand même des doutes sur la qualité des transmissions).

Le lendemain matin je me suis levée pour faire ma toilette. Et là paf, d’un coup le CO2 de la coelio est remonté dans le thorax et les épaules, ça fait un mal de chien! Je suis vite retournée dans le lit et c’est passé. L’infirmière est venue pour retirer la sonde urinaire et la mèche. La mèche, comment dire, on se sent soulagée quand elle n’est plus là (ça prenait beaucoup de place). La journée est passée sans douleur mis à part en fin d’après-midi où le transit a recommencé (les gaz qui se déplacent dans les intestins font mal).

Le lendemain matin je suis sortie. Je marchais pliée à 45 degrés et à la vitesse d’une mamie. Le CO2 m’a refait mal le soir puis plus rien. Bref tout allait pour le mieux, le dimanche matin j’ai fait 300 kilomètres pour rentrer chez moi. Je me suis reposée toute la semaine et ai pu à nouveau dormir sur le côté. Quelques pertes rosées normales (le vagin était donc suturé en lieu et place du col). Pas d’antalgiques. Mais dur dur la reprise du transit (vive les pruneaux et le café!)

Sauf que voilà, c’était trop simple, trop facile tout ça. La suite au prochain épisode.