infertilité

Il y a des fois comme ça 

Ce matin j’ai pleuré comme une madeleine dans ma voiture. Retour en arrière.

Je sors de la chambre d’un patient.

Croise une bonne partie de sa famille en train de préparer le repas sous le faré.

Je dis à ce soir, souhaite une bonne journée à tout le monde.

Et les filles me souhaitent une bonne fête des mamans.

Merci les filles, à vous aussi.

Je suis montée dans ma voiture, et puis d’un coup je n’ai plus vu la route, juste des images floues. Et les larmes qui étaient les seules à pouvoir rouler.

Souvent c’est vivable. Parfois c’est vraiment dur.

A la boulangerie je prends mon pain (scoop!) et la vendeuse me dit que je peux prendre une rose si je veux. Oh merci mais je vais la laisser à une maman. Ça n’aurait pas été légitime de la prendre.

Il y a des fois comme ça où je n’aimerais pas être à ma place.

Alors je rentre chez moi et l’homme me sourit et me prend dans ses bras. Et j’aime ma place à nouveau.

Du lourd

Je ne peux m’empêcher de vous faire partager des réflexions hautement profondes de la part de connaissances, tout ça en moins de 48 heures.

Chez ma coiffeuse, une fille que je connais comme ça (une soirée il y a 7 ans, depuis contact par facebook seulement) vient prendre un rendez-vous.

« Oh Mimi, comment ça va? »

S’ensuit un interrogatoire digne de la gestapo, genre speed dating dis-moi tout sur ta vie en 10 minutes.

Puis arrive la question fatidique :

« – Et le bébé alors?? (qu’est-ce que ça peut te faire?)

– Ca veut pas venir.

– Ah bon mais t’as vu un spécialiste? (non je suis trop teubé pour y avoir pensé, heureusement que tu es là)

– Beh oui.

– Tu vas faire une FIV alors? (la FIV les amis, la solution à tous nos problèmes!)

– En septembre j’ai rendez-vous.

– Tu vas avoir des jumeaux hihi! (hihi connasse si j’arrive à en avoir un ce sera déjà bien)

– Hihi.

– Ah non mais moi tu sais les miens ont 20 mois d’écart, c’est la galèèèèèèèèère, j’aurais préféré avoir des jumeaux. C’est moins chiant, d’ailleurs j’ai une copine qui a eu des jumeaux et patati et patata… » (mais ta gueuuule et laisse-moi me faire couper les cheveux tranquille!)

Ma coiffeuse : « Dis-donc, je l’aime pas du tout ta copine, et puis ses questions indiscrètes, non mais tu te rends compte, si j’étais pas au courant pour tes problèmes ».

Oui, c’est une conne je vous le concède. M’en fous je la reverrai plus.

Mais attendez ne partez pas! J’ai eu affaire à un ponte de l’infertilité deux jours plus tard.

Un collègue de boulot que je n’avais pas vu depuis un an et qui était en vacances dans le coin me propose d’aller boire un café.

Moi, innocente que je suis, j’accepte. On se raconte un peu nos vies depuis notre retour en France, etc.

Et puis la question:

« – J’ai pas tout compris l’article sur ton blog là, concernant le bébé. (NDLR : mon autre blog)

– Comment ça t’as pas compris, t’as pas compris quoi? (il est con lui aussi ou bien?)

– Ben oui, ça veut dire quoi?

– Bah ça veut dire que ça marche pas.

– Ah mais tu as fait des examens, ton chéri aussi? (non, j’attends un entretien avec la cigogne)

– Oui, y’a rien qui va pas, tout est normal. »

Et là messieurs dames attention, tout est dans le geste : il se tapote la tête du bout de l’index.

« – C’est dans la tête. »

J’ai eu envie de lui balancer ma tirade sur la fellation, mais je n’ai même pas eu le courage, je savais que ça allait partir en sucette.

« – Non, c’est pas dans la tête. « (ducon)

Alors juste un petit conseil si toi fertile, tu me lis (d’ailleurs qu’est-ce que tu fais là?), quand on dit qu’on a un problème de fertilité (parce que tu nous tires les vers du nez), on n’attend pas que tu nous règles ce problème, on n’attend pas que tu nous trouves une solution (y’a des gens bien plus qualifiés que toi dont c’est le métier et qui ne trouvent pas), on attend juste que tu compatisses. Que tu sois désolé. C’est tout, tu vois y’a pas de quoi se prendre la tête.

PS : je ne suis plus sur facebook depuis 15 jours (et je m’en porte beaucoup mieux).

Mon parcours pré-PMA

Aujourd’hui j’inaugure une nouvelle catégorie, mon parcours PMA.

J’ai semé quelques informations au long de mes articles, dans mes commentaires sur vos blogs, mais j’avais envie de vous en dire un peu plus sur qui je suis. J’aime aussi dans vos blogs quand vous avez une page « parcours », ça me permet de mieux vous visualiser.

J’ai commencé à prendre la pilule à 17 ans, avant ça j’ai toujours été réglée comme une horloge.

A 21 ans j’ai rencontré un homme, quelqu’un de bien, avec qui la construction d’une relation allait de soi (ma mère s’est mariée à 21 ans, m’a eue l’année suivante). On était jeunes, les doutes, les appréhensions (oui un jour je vais vouloir un enfant mais non pas maintenant beaucoup trop tôt!), les projets. Bref, après des hauts et des bas, à presque 26 ans on tente l’essai bébé. Rien pendant 6 mois.

Bon, avec le recul c’est pas plus mal parce que les événements ont bien tourné au vinaigre après. Du vinaigre certes, mais avec l’envie de croire qu’on était vraiment faits l’un pour l’autre quoi qu’il arrive. Alors on s’est mariés, j’avais 27 ans. Pour le meilleur et pour le pire. Ah non je me trompe (et lui aussi le s*laud), plutôt pour le pire.

Bref, à 30 ans (ahhhhhh mes 30 ans, purée j’ai a-do-ré!), je prends une décision : JE ME CASSE! (et j’arrête la pilule par la même occasion)

J’ai fait de nouvelles études et ai enfin trouvé ma voie d’infirmière, un  nouveau chéri, une vie au jour le jour, ça me convient très bien.

(retour sur mes 30 ans : j’ai l’impression d’être née à cet âge-là)

Et parlons-en un peu de ce nouveau chéri : 12 ans de plus que moi, un grand enfant d’un premier mariage. Je le préviens d’emblée que s’il n’est pas prêt à avoir un enfant avec moi, ce n’est même pas la peine de continuer. Bien sûr, je n’en veux pas un dans l’immédiat, notre relation est trop fraîche, mais je sais que je vais en vouloir un plus tard. Il est d’accord (<3).

La vie suit son cours, notre relation se construit tout naturellement, j’ai beaucoup de chances d’avoir rencontré un homme tel que lui.

Pendant 3 ans je n’ai pas de contraception, disons qu’on « fait attention ». Ca marche bien d’ailleurs cette méthode. J’aurais dû me méfier.

Puis je me vois contrainte de reprendre la pilule pour gérer d’une part l’arrivée de mes règles, parce qu’à cette époque mon métier prime sur le reste et dans mon milieu, eh bah les ragnagnas c’est vite compliqué à gérer (« euh excusez-moi monsieur le méchant, pourriez-vous attendre que je change mon tampon avant de me zigouiller merci »), et ensuite éviter une grossesse qui serait malvenue car j’ai la chance de partir travailler quelques années sur une île où je bosse seule (genre on me remplace illico si HCG positive). Six mois avant mon retour au bercail, donc en janvier 2013, on décide que c’est le moment pour débuter les essais, moi je me dis que niveau timing ce sera parfait : enceinte dans l’avion mais sans nausées (ben oui quoi, ne prenons pas de risques si ça marche tout de suite!)(triple loooooool)

Moui moui. Ca c’était avant. Avant de commencer à sérieusement douter. Avant de commencer à avoir le coeur serré à chaque J1.

Et donc en octobre 2013, je parle de mes difficultés de conception à ma gynéco, les examens tout ça, conclusion: je vais bien tout va bien. Mon chéri a une petite tératospermie mais rien qui empêche une fécondation. C’est donc une infertilité que pour le moment la science n’explique pas. INFERTILITE INEXLIQUEE : deux mots qui me mettent bien les boules, comment trouver une solution si on ne connaît pas le problème? (oui, mon côté cartésien)

Et c’est là que commence l’aventure PMA. Sacrée aventure, n’est-ce pas DNLP? (pouffiasse)

 

Archive de mon autre blog #1

lundi 3 juin 2013

Lettre à Dame Nature

Je t’écris parce que comme tous les mois depuis quelques temps, eh bien ça va moyen. Alors à chaque fois je me motive pour le mois suivant, et c’est comme ça, on tourne en rond. C’est un peu le serpent ou le chat je sais jamais qui se mord la queue.
Je ne sais pas quel complot tu as organisé me concernant, mais si je puis me permettre de faire juste une toute petite critique de rien du tout : c’est du GRAND N’IMPORTE QUOI (oui je crie un peu parce que je suis à deux doigts de m’énerver).
Je sais, je sais, tu fais ce que tu veux, ça on avait bien compris, y’a qu’à voir la tronche de certains (une fois j’ai vu un nouveau-né, c’était le portrait craché de Jean-Claude Dreyfus -les pizzas Marie ça te parle?)(mais le pire dans l’histoire, c’est que le bébé en question, c’était une fille! Je l’appelais Jean-Claude en cachette).
Je suis d’accord avec le fait d’avoir les ragnagnas quelle connerie tous les mois, oui, même si je suis au bord de l’anémie à chaque fois et que Tampax fait son chiffre d’affaires seulement sur ma pomme. Avant c’était Always, mais quand j’ai compris un peu l’anatomie féminine, j’ai changé de sponsor. Et puis hein, la « patacul » que tu retrouves collée sous ton coude, merci mais non merci! (ça ne m’est pas arrivé personnellement mais je l’ai vu!)
Tu me diras, il est vrai que je m’y prends un peu tard, mais vois-tu, ton pote Le Destin ce petit rigolo avait de toute évidence d’autres plans pour moi. Donc on peut dire que c’est pas totalement de ma faute.
Des fois je me dis heureusement que ça n’a pas marché avant, je n’aurais pas voulu avoir un enfant de divorcés avec les dimanches soirs pourris qui vont avec.
Donc qu’est-ce qu’on fait là?
Ca fait des années que je m’entraîne, c’est bon je suis prête, mais toi t’as pas l’air de te souvenir que j’existe. Tu voudrais pas me filer un petit coup de pouce histoire de favoriser une rencontre qui porterait ses fruits?
Quand je pense qu’il y en a qui essaient juste une fois, ou même qui n’en ont pas envie, qui y arrivent…
Et moi ohé je suis là! Et moi j’en ai envie! Et moi j’en suis pas à mon premier coup d’essai!
Alors s’il te plaît, je te le demande, fais quelque chose pour moi.
Parce que les histoires d’éprouvettes, depuis que j’ai vu un reportage très bien fait là-dessus, eh bien ça me  branche beaucoup moins qu’avant…
En plus tu me connais, je ne supporte pas de rester impuissante face à la fatalité, tu sais que je suis bélier. Et dans des cas comme celui-là, je suis capable de prendre des décisions assez radicales et souvent sottes.
Ou alors sinon arrête mes ragnagnas vu qu’elles me servent à rien (ces s******).
Pardon je suis un peu vulgaire mais vois-tu, comment dire? J’ai les boules. Et un peu peur aussi.