Mois: octobre 2015

Défi sur le quai

J’ai parlé ce soir à quelqu’un qui est sur le chemin du deuil de la maternité. Ça m’a fait « du bien » d’entendre ses mots plutôt que des « mais nan allez ça va marcher », « faudrait pas regretter de ne pas avoir tout tenté »… Je vous parlerai plus tard de tout ça. Pour l’heure, voilà mon petit dessin!

 
Bisous

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Blog recognition award et autres

Oui je suis à la bourre, mais changement de vie oblige, je n’ai le temps de rien! Et puis il faut dire aussi que je vous lis, tous les jours, mais comment commenter lorsque je ne suis plus dans la course?

Bref, c’est Charliewonka qui m’a nommée, merci Charlie, ça m’a vraiment fait plaisir de voir mon nom quelque part, de voir que même si je ne publie plus je suis encore là quelque part. À souffrir un peu même, des fois.

L’histoire de mon blog vous la connaissez, j’en ai parlé il y a peu dans l’article sur les blogs de PMA privés. C’est la détresse qui m’a fait écrire. 

Moi je croyais que ce problème d’infertilité c’était comme un concours, il suffisait que je révise à fond, que je travaille beaucoup et j’allais le réussir ce foutu examen, si facile que certaines qui ne révisent pas le réussissent du premier coup. Ben non ça marche pas comme ça. Et je suis nulle aux jeux de hasard, gagner à la loterie ce n’est pas pour moi, et mon infertilité ce n’est ni plus ni moins que ça. Je ne peux rien y faire. N’ayant pas de problème contre lequel me battre, j’ai beau m’agiter, je ne fais que mouliner dans le vent. J’ai beau apprendre des cours par coeur, j’ai toujours zéro à la fin.

Tous les blogs que je suis ont déjà été nommés, quant à ceux que je suis encore, ils ont bien changés en 2 ans. Ils ne sont d’ailleurs plus du tout les mêmes, et tant mieux pour ces ex-pmettes, puisque si je ne suis plus abonnée c’est qu’elles ont réussi là où je n’ai fait qu’échouer (mais que je lis quand même en secret, quand je suis au top de ma forme)(je veux juste choisir le moment où je prends les bonnes nouvelles des autres dans la face). Et puis il y a les nouvelles, celles qui y croient, pour lequelles tout est possible. Je ne me reconnais plus ni dans les premières ni dans les dernières. Je flotte entre deux eaux. Il y a quelques blogs comme celui d’Artemise ou de Chapi Chapo vers lesquels je me tourne puisqu’ils me ressemblent plus.

Je me suis souvent posée la question suivante;

Imaginons que je sois suivie en dialyse 3 fois par semaine. Je rencontre là-bas quelqu’un qui souffre de la même maladie que moi, on sympathise, on est dans le même bateau, ce sont nos maladies qui nous unissent. Et puis on me trouve un donneur, j’ai un rein tout neuf, la dialyse pour moi c’est fini. Vais-je continuer à voir cet ami de maladie? Au début sûrement, et puis de moins en moins, parce que ça me ramène au passé pas joyeux, parce que je peux enfin aller de l’avant. Parce que la maladie c’est de l’histoire ancienne. Je vais me sentir coupable certainement, et puis je me dirai que c’est la vie, c’est comme ça, certains tiennent le pistolet et d’autres creusent. 

Bien sûr vous l’aurez compris, la greffée ce n’est pas moi. Et ces dialyses j’en ai marre, sous prétexte de survivre, en fait je ne vis que par ça et pour ça. Je voudrais partir une semaine en vacances; je ne peux pas.

Alors voilà, pour le moment j’arrête la « dialyse ».

Et j’arrête de creuser aussi, mon trou est suffisamment profond comme ça.

(Notez que vous pouvez remplacer le terme dialyse par un autre, chimio par exemple)

NB: pour les personnes ayant tendance à ne rien comprendre à ce que j’écris (j’espère qu’il n’y en a plus qui me lisent), je ne compare pas l’infertilité à une insuffisance rénale, je compare des cas de conscience qui m’ont l’air similaires. (Merci à l’association des dialysés de France de ne pas me contacter suite à cet article)(nan parce que des fois on voit de ces choses)

Et puis je n’écris plus parce que je me sens triste quand j’écris, et quand je me relis je trouve ce que j’écris encore plus triste. Alors que je ne suis pas triste dans la vie de tous les jours. Oui je ne serai jamais maman. Oui je ne transmettrai à personne. Oui je finirai seule. C’est ça qui est triste. Mais voilà, je ne vais pas me flinguer pour autant. C’est ma croix à moi, celle que je porte tous les jours et qui pèse sur mes épaules, mais qui ne m’empêche pas d’avancer pour autant. J’avance en trébuchant, je ne marche pas forcément droit, je dois m’arrêter parfois pour reprendre mon souffle et essuyer mes larmes, mais j’avance malgré tout.