Mois: mars 2015

Se rendre à l’évidence 

À 17 ans, j’ai eu un rapport protégé partiellement par une capote. Je dis partiellement parce que cette dite capote a craqué, et bien comme il faut. Je ne m’en suis rendue compte que le lendemain soir. Le lundi matin j’ai séché les cours pour aller au planning familial, et la gynéco m’a donné la pilule du lendemain, ou plutôt du surlendemain. En m’avertissant que plus on la prenait tard après le rapport et moins elle fonctionnait. J’ai attendu mes règles pendant 14 longs jours (oui vous l’avez compris, le rapport a eu lieu en pleine ovulation!). Et elles sont arrivées.

Avec mon ex-mari, on avait décidé d’avoir un enfant. On a fait les lapins pendant six mois, presque tous les jours. Ça n’a pas marché.

Avec mon chéri actuel, ça fait plus de deux ans qu’on essaie pour de vrai. Sachant que j’ai arrêté toute contraception en 2007. Il est vrai qu’entre temps, j’ai repris un peu la pilule pendant mes missions à l’étranger et lors de mon séjour outre-mer. Soit environ deux ans et demi sur les huit d’amour avec mon chéri.

La FIV classique (même pas la peine d’injecter un spermatozoïde dans un ovocyte) nous a donné six beaux embryons, six embryons parfaits dont 5 ont pu être congelés à J2. Le fraîchement transféré ne s’est pas implanté. Le premier décongelé ne s’est pas implanté. La paire suivante ne s’est pas implantée. Il en reste deux. Je ne sais pas quand je ferai le dernier TEC.

Je ne suis pas sûre de continuer les FIV. Je ne peux pas passer ma vie à attendre quelque chose de si hasardeux, quelque chose sur laquelle je n’ai aucune prise, quelque chose qui n’arrivera certainement pas. J’ai le sentiment de gâcher mon temps, il est déjà bien assez court comme ça. J’ai d’autres ambitions dans la vie que celle d’attendre, espérer, tomber si souvent. 

Il faut se rendre à l’évidence, malgré les accidents, l’absence de contraception, les années d’essai, les embryons clés en main, je n’ai jamais été enceinte et je ne le serai probablement jamais. 

Oh je ne cherche absolument pas du réconfort en vous livrant ça, je ne suis pas triste même si mon cœur s’est pincé hier lorsque j’ai déjeuné près d’un nouveau-né d’environ une semaine. Je n’ai pas non plus envie qu’on me dise que c’est mon choix de ne pas en avoir. Mon choix pour l’instant c’est d’être heureuse dans la vie et cette volonté d’être mère à tout prix me bouffe mon énergie.

Je voulais simplement vous dire quelles sont mes pensées en ce moment.  Elles vont peut-être évoluer, ou pas. Je ne baisse pas les bras. Je ne pensais pas qu’un jour j’aurais la chance d’avoir un homme aussi merveilleux que le mien à mes côtés. Je pensais qu’un jour j’aurais un enfant. Il se peut que ma vie ne soit pas tout à fait telle que l’avais imaginée. 

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FIV1 TEC2 : Fin de l’attente

7h

Je me réveille. Et si je n’y allais pas?

8h

J’y vais. Il y a des livrets concernant la maternité posés sur la table basse. J’en prends un, c’est un signe.

8h30

Le préleveur croise les doigts pour moi.

10h

Je stresse.

11h

Je commence à me demander si j’ai vraiment envie que ça marche.

11h50

J’ai peur que ce soit négatif. J’ai peur que ce soit positif. Je ne sais plus ce que je veux.

12h05

J’ai le coeur qui bat à mille à l’heure. Je clique sur le site.

12h06

C’est négatif, comme toujours.

12h07

Je ne sais pas ce que je ressens. J’ai l’impression d’être soulagée. Et ça me fait encore plus peur.

FIV1 TEC2: J5 post transfert…

… Ou comment je deviens à moitié dingo.
giphy (2)
Depuis hier je suis toute nauséeuse, j’ai faim par moments mais dès que j’ai fini de manger, le barbouillage recommence. Et j’ai mal au ventre par moments, du genre douleurs au bas-ventre si tu vois ce que je veux dire. Pis des remontées gastriques. Qu’est-ce qu’on se marre!
Alors bien sûr, j’ai gogolisé comme une tarée cette nuit, d’autant plus que je suis toujours dans mon rythme nycthéméral (j’adore ce mot, on dirait du NTM) inversé, alors ça m’en laisse du temps pour cogiter…
Bref, j’ai tapé « symptômes J5 post transfert FIV », comme si j’allais trouver la réponse à ma question dans des forums tous plus scientifiques les uns que les autres (merdissimo.fr, mamanteubé.com etc).
Nan parce que comme j’y crois à fond, ça peut être que ça, pas vrai hein!?
En plus j’ai pris une taille de bonnet, ça pourrait être sympa:
large (1)
Alors oui, le 95C c’est pas mal, le problème c’est qu’ils me font super mal, je ne peux plus dormir sur le ventre, trop pratique pour moi qui ne dors jamais sur le dos, et comble, je suis obligée de les tenir dans mes mains lorsque je monte ou descends vite les escaliers.
En plus je le dis à mon chéri, qui me dit « bah t’es enceinte », mais je sais bien moi que c’est impossible à ce jour du cycle, c’est bien trop tôt, au mieux on en est à la nidation, pas aux nausées quand même!
giphy (3)

Ou alors c’est la gastro?

MON EXPERIENCE DE L’EMDR

À la demande générale d’une personne, je vais vous parler de mon expérience de l’EMDR.

Déjà, pour vous donner une idée de cette thérapie, vous pouvez consulter ces 2 sites. J’aime beaucoup l’explication qui est donnée sur le site de psychologies.com

http://www.emdr-france.org/spip.php?article5

http://www.psychologies.com/Therapies/Toutes-les-therapies/Therapies-breves/Articles-et-Dossiers/EMDR-le-vrai-mode-d-emploi

Mais revenons à mon cas.

Parents divorcés quand j’avais 6 ans. Père qui ne s’occupe pas de moi, qui part de longues périodes à l’étranger sans m’avertir de son départ ni de son retour. Père qui s’occupe en revanche des enfants de ses compagnes. Moi qui dois toujours faire le premier pas pour le retrouver, l’appeler, aller le voir, entretenir la relation. Moi qui décide il y a trois ans de couper totalement les ponts; décision qui me fait souffrir, mais moins que de lutter pour garder un semblant de père. Le décor est planté.

1er RDV avec Mme PSY:

On parle PMA bien sûr, puis je lui raconte brièvement mon enfance et me mets à pleurer dès l’évocation de mon père. C’est la petite fille qui pleure. La psy me fait dire ce qui semble me faire souffrir et m’interroge aussi sur des choses en lien. Elle prend beaucoup de notes. À la fin de la séance, elle me demande de penser à des souvenirs négatifs en rapport avec mon père pour la prochaine fois.

2ème RDV avec Mme PSY:

Dès qu’elle me demandera de réfléchir et tout en répondant à ses questions, elle va agiter son stylo de droite à gauche sans arrêt et moi je vais devoir lui parler sans quitter le stylo des yeux.

Je dois me figurer à un endroit où je me sens bien et dire ce que je ressens.

Je dois prendre un souvenir mauvais, dire ce qui me fait souffrir dans ce souvenir et pourquoi, dire aussi où se situe la souffrance dans mon corps.

Et alors là c’est un peu flou, mais dans le cerveau, le souvenir émotionnel douloureux se transforme en réflexion adulte raisonnée. Le souvenir est toujours là, mais la blessure liée à celui-ci n’existe plus. C’est fou n’est-ce pas? Et les mots raisonnés sortent bien de ma bouche, et je ne pleure plus et je suis sereine.

Parce que le fin mot de l’histoire, ce que je pense à présent, que je m’entends dire de manière détachée, c’est que je n’ai plus besoin de mon père. Les sentiments d’abandon de jalousie qui me poursuivaient depuis plus de trente ans ont totalement disparu de mon cerveau émotionnel.
Par exemple, je devais me figurer en train de voir mon père jouer avec d’autres enfants. Je ressentais de la jalousie, de la tristesse. Une EMDR plus tard, je suis au même endroit, je regarde la même scène, mais je ne suis plus touchée, maintenant ça m’est devenu égal.

J’espère avoir été assez claire; ce n’est pas évident à raconter.

FIV1 TEC2

Mon entretien avec la psy la semaine dernière s’est très bien passé, je ne connaissais pas l’EMDR, j’ai été très réceptive à cette technique. Du coup j’en ai terminé avec elle. Je suis ressortie pleine d’un bien-être, ça faisait longtemps que je ne l’avais pas connu. C’est étrange, ce poids devait me peser en permanence sans que j’en sois consciente. Comme c’est bon de repenser à un tas de choses qui étaient douloureuses il n’y a pas si longtemps et qui aujourd’hui ne me font plus souffrir du tout!

Deux embryons ont été transférés aujourd’hui. Je ne sais pas si ça va marcher. Mais j’y crois beaucoup cette fois, grâce à la psy qui m’a briefée sur quoi avoir en tête au moment du transfert, et bien évidemment parce que j’ai une chance en plus du fait qu’on en a replacé deux cette fois. Dr FIV est optimiste comme à son habitude.

Ça va marcher, j’en suis sûre.